La place des handicapés à Barjac
Posté par barjacautrementorgfr le 28 octobre 2010
Barjac est un village bâti sur une colline. Les parties plates y sont rares. C’est ainsi.
Cette situation géographique ne facilite pas la vie des handicapés et de ce fait leurs difficultés habituelles s’en trouvent accrues.
Désormais, la loi prévoit que les handicapés ne doivent pas souffrir dans la vie de tous les jours du fait de leur handicap. C’est la société qui doit s’adapter à eux et non l’inverse. En conséquence, des dispositions doivent être prises en ce sens : plans inclinés à faible pente, ascenseurs dans les édifices publics, trottoirs ouverts pour handicapés, lieux publics accessibles aux handicapés…etc. La collectivité doit faire en sorte que l’handicapé n’est pas à souffrir de son handicap dans la vie.
Que fait notre municipalité à Barjac ?
Répondons par quelques exemples nous viennent à l’esprit :
1 – l’avenue Jean Tassy a été récemment achevée; nos lecteurs nous interpellent et voilà ce qu’ils nous disent : « Quelle place pour les piétons ? Certes, des trottoirs ont été réalisés mais ceux-ci sont encombrés à certains endroits par des aménagements privés réduisant le passage des piétons au mépris de leur sécurité. » Ainsi une rampe d’accès a été réalisé pour un commerce sur cette avenue laissant un passage public de seulement 70 centimètres pour les piétons, poussettes d’enfant, fauteuils roulants ou autres (le passage minimum exigé pour une porte accès public est 90/100 cm). Cette largeur publique de 70 cm, Est-ce suffisant quand on sait que des véhicules roulent juste à côté ? Quelle sécurité pour les piétons ? Nous pouvons comparer cette largeur avec celle du plan incliné qui vient d’être réalisé à La Poste : 120 centimètres. L’entreprise a plus le souci des handicapés et de l’humain que la municipalité. Un comble !
Les trottoirs de cette avenue ont été réalisés avec des rebords importants et des passages permettant l’accès aux handicapés manquent par endroits. Ces trottoirs sont parfois obstrués par le stationnement des voitures ou par des encombrants qui n’ont rien à y faire. Il est ainsi difficile aux personnes à mobilité réduite de se mouvoir dans ces conditions. Où est la place des handicapés ?
Que dire de certaines rues ou avenues où il n’y a même pas de trottoir ou de passage pour les handicapés ? Comment peuvent faire les personnes à mobilité réduite pour se déplacer ? Elles galèrent. L’handicap qu’elles ont n’est pas de leur fait. Elles le subissent. Elles sont des victimes. Ne doit-on pas penser un peu à elles ? Aujourd’hui, la loi l’impose fort justement afin que ces personnes ne soient pas marginalisées dans la société du fait de leur état.
Nous invitons donc le Maire et la municipalité à consulter le guide pratique de l’accessibilité « Culture et Handicap ».
2 – La lecture de ce guide serait d’une grande utilité pour la municipalité dans le cadre de l’opération « village de caractère ». En effet, le projet, tel qu’il a été présenté, ne va pas dans le sens d’une meilleure accessibilité des personnes à mobilité réduite. C’est même le contraire. Il va contribuer à multiplier les escaliers dans le village et à remplacer des plans inclinés par des escaliers. Comment peut faire un handicapé pour se mouvoir avec un fauteuil roulant dans ces conditions-là ? Ainsi à la cime de la rue basse en forte déclivité, on trouvera des escaliers à la callade qui remplaceront la montée, elle aussi en forte déclivité. Cette dernière sera réservé aux véhicules. Or dans le cadre de « village de caractère » le cheminement piétonnier se fera par cet endroit comme l’indique le compte-rendu du conseil municipal du 23 juin 2010 : « Le projet village de caractère prévoit que l’accès des piétons se fera par la rue basse »! Au vu de la déclivité de cette rue, quel beau cadeau à faire aux handicapés ! Où est donc la place des handicapés à Barjac ? Il faut dire que c’était le seul moyen pour accéder au parking de « canvien » sans rencontrer des escaliers, l’implantation de ce dernier en ce lieu ne semblant pas des plus heureuses.
Un parking sur le haut du village derrière le quartier Printegarde, accessible par les voitures par la rue du 19 mars 1962 et par les piétons par la rue des glycines, peut se présenter comme une solution plus appropriée à notre village. Le « village de caractère », en limitant les possibilités de stationnement dans le centre, va considérablement compliquer la vie des gens en particulier des personnes à mobilité réduite (personnes agées, handicapés…….). Pour ces personnes-là, le vélo électrique ne répond pas à leur attente !
Le centre actuel du village a été aménagé sous l’angle de la beauté et de l’esthétique. C’est une belle réalisation qui satisfait le regard. Mais c’est du « tape à l’oeil ». Les pavés se dégradent avec le temps et les intempéries laissant apparaître des nids de poule ici ou là qui rende la marche mal aisée pour toute personne et encore plus les gens qui ont des difficultés motrices. Le déplacement des piétons par temps de pluie voire de neige n’est pas sans risque de chute, donc de danger.Pour les personnes à mobilité réduite, c’est encore pire.
Quelle ligne de conduite préside à l’élaboration des projets de la municipalité ? Quelles sont les priorités du conseil municipal ? Pourquoi l’aspect humain n’est-il pas pris plus en compte ?
3 – la mise en conformité des bâtiments publics. Le processus de mise en conformité commencera le 1er janvier 2011 du point de vue de l’accessibilité aux handicapés. Le conseil municipal du mois de juin s’est penchée sur la question. Plusieurs lieux sont ainsi recensés : Le château de Barjac sur les quatre niveaux, la cuisine centrale et le restaurant scolaire.
Espérons qu’une solution sera trouvée pour le cinéma dont les handicapés sont exclus. Ainsi que pour la bibliothèque où c’est guère mieux sans parler des toilettes publiques du village qui sont inaccessibles aux handicapés dans les conditions actuelles !
L’école publique ne figure pas dans la liste des lieux publics à mettre en conformité. Est-ce un oubli ? Des travaux actuellement en cours à cette école pour un montant de 472 000 € pourraient se faire en ce lieu sans que la question de l’accessibilité des handicapés soit prise en compte ? Nous attendons des explications. Nous pensons que l’école actuelle n’est plus adaptée pour de nombreuses raisons (voir nos articles sur l’école publique à Barjac) et que cet investissement en ces lieux est une erreur de gestion publique. Un investissement dans une école neuve aurait été beaucoup plus judicieux. Il s’inscrivait dans une réelle politique de développement durable et de ce fait était plus soucieux de l’argent public. En ces périodes de crise économique et de rigueur budgétaire, cette solution relevait du simple bon sens. Elle présentait l’avantage de solutionner la question de l’accessibilité des handicapés.
Cette question est primordiale dans une école. Toute discrimination basée sur le handicap doit être exclue. C’est le sens de la loi. C’est une excellente chose qu’il en soit ainsi et cette loi a le mérite de faire une meilleure place aux handicapés. Mais cette question ne semble pas être la préoccupation de notre municipalité ni de son Maire et conseiller général. Pourtant cet aspect est encore plus important pour les enfants à qui nous devons communiquer un sentiment d’appartenance et non d’exclusion.